Distance d’arrêt, distance de freinage et de réaction, voilà typiquement des sujets qui vous embrouillent. Ils mêlent en effet des problèmes de notions mal définies et de calculs mal expliqués. Je vais donc dénouer cette « pelote » pour que vous y voyiez plus clair.

Bon, pas de panique non plus, ce n’est pas de l’astrophysique !

 

A chaque distance sa signification…

 

Tout cela est relativement simple, le plus gros risque consistant à confondre les termes.

  • La distance d’arrêt est la distance parcourue par un véhicule entre le moment ou son conducteur perçoit un problème, et le moment où le véhicule est à l’arrêt complet.
  • La distance de réaction est la distance que parcourt le véhicule entre le moment où son conducteur perçoit un problème, et le moment où il pose son pied sur la pédale de frein.
  • La distance de freinage est la distance parcourue par le véhicule entre le moment où son conducteur commence à appuyer sur la pédale de frein, et le moment où le véhicule est à l’arrêt complet.

Après les définitions, le détail: la distance d’arrêt est une résultante. Elle est l’addition de la distance de réaction, et la distance de freinage, et nous allons donc les décortiquer et voir comment les calculer rapidement – toujours avec l’objectif de « marquer des points » à l’ETG.

La distance de réaction

 

Plus exactement, il s’agit de la distance parcourue pendant le temps de réaction.

Mais alors, qu’est-ce que le temps de réaction ?

C’est le temps qui s’écoule entre le moment où le conducteur voit les feux rouges du véhicule devant lui s’allumer, et le moment où effectivement, son pied sera posé sur la pédale de frein (mais avant qu’il commence à appuyer).
Pour parler clairement, c’est le temps qui s’écoule pendant lequel le cerveau du conducteur détecte le problème, l’analyse, choisit une réponse, envoie l’ordre d’éxecution de cette réponse (ici par exemple, de freiner, c’est-à-dire pour l’impulsion de parcourir dans les nerfs, la distance entre le cerveau et la jambe).

Enfin il faut encore ajouter le temps pour le pied de lacher la pédale d’accélérateur pour aller se placer sur la pédale de frein. Tous ces « micros-temps » mis bout-à-bout représentent selon les scientifiques environ une seconde, pouvant passer à deux secondes simplement à cause de la fatigue d’une journée de travail, ou d’un rhume !

Ce concept de temps de réaction est souvent totalement sous-estimé voire oublié par beaucoup.
Pour vous donner un ordre de comparaison, Usain Bolt et ses petits camarades de jeu, mettent en gros 0,3 seconde pour « réagir » au coup de feu du starter sachant que :

  • c’est une situation simple, connue et répétée de multiples fois à l’entrainement : bang = départ;
  • toute l’attention et la concentration des coureurs est focalisée sur cet instant;
  • ce sont des athlètes surentraînés… et en forme.

A contrario, en ce qui concerne les conducteurs, la plupart du temps :

  • la situation intervient à l’improviste, et vous prend « par surprise »;
  • vous êtes probablement en train de penser à autre chose;
  • vous n’êtes pas forcément au top de votre forme…

Vous voyez donc – quelle que soit votre estime de vous-même – que vous ne pouvez pas échapper aux lois de la physiologie, d’ailleurs, même le plus puissant des ordinateurs à un temps de réponse… Mais revenons à ce qui nous préoccupe directement, l’examen du code de la route.

Depuis tout-à-l’heure, je parle de temps alors que je titre sur une distance.

Je ne vais pas refaire toute l’explication de ce paradoxe. Vous trouverez toutes les explications voulues ainsi que le moyen facile de calculer (je vous conseille, vivement, de savoir le faire !), dans l’article sur la distance de sécurité,

La distance de freinage

 

Là, il y a peu de place à la confusion : c’est la suite logique de « l’action » décrite plus haut.

On parle donc de la distance que va parcourir le véhicule entre le moment où le conducteur commence à appuyer sur la pédale de frein et le moment où le véhicule va finalement s’arrêter. L’état du conducteur est ici bien moins déterminant que les intempéries, l’état de ses pneus ou de la chaussée. La diversité des paramètres pris en compte ne permet pas un calcul simple de cette valeur, autrement qu’en « manipulant » l’équation de base :

  • Distance d’arrêt = distance de réaction + distance de freinage

donc :

  • Distance de freinage = distance d’arrêt – distance de réaction

La bonne nouvelle, c’est que, du coup, ça ne vous sera jamais demandé à l’examen. 🙂

La distance d’arrêt

 

Si vous avez lu jusque là, vous savez maintenant à quoi correspond la distance d’arrêt, inutile d’y revenir.
Mais, de même que l’on sait calculer rapidement la distance de réaction, on a aussi une méthode de calcul rapide pour cette valeur-là.

La distance d’arrêt – sur sol sec – s’obtient en multipliant le chiffre des dizaines de la vitesse (nous avons déjà vu ce principe dans l‘article sur la distance de sécurité) par lui-même.

Ainsi, à 50 km/h entre la perception du problème et l’arrêt du véhicule, la distance parcourue aura été de 5(0) x 5(0) = 25 m
ou encore à 110 km/h, 11 x 11 = 121 m.

Le calcul se corse (un peu) si on considère les conditions d’adhérence d’une route mouillée.
Il faut alors reprendre le calcul initial, puis rajouter la moitié du résultat obtenu.

Je sais ça fait peur au début, mais en regardant un exemple et en s’entrainant une fois ou deux, c’est vraiment facile.

Exemple: à 80 km/h sur une route mouillée cela va donner

8(0) x 8(0) = 64 m
64 divisé par 2 = 32
Le résultat final sera donc de 64 + 32 = 96 m

Je vous rappelle que ce sont des calculs approximatifs, on est pas à un mètre près !

Si vous avez encore des difficultés, relisez l’article. Essayez de comprendre chacune des notions décrites (et le calcul correspondant) d’abord séparément puis associez-les les unes aux autres. Vous verrez que rapidement, vous maîtriserez complètement le sujet… au moins jusqu’à l’examen !

 

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