Nous allons bien parler aujourd’hui de distance de sécurité. Mais – une fois n’est pas coutume – laissez-moi dépasser le simple cadre de l’examen de code, en vous livrant un sentiment personnel: je suis EXASPERE par tous ces gens qui ne respectent pas la distance de sécurité !

Ces conducteurs qui roulent comme scotchés à mon pare-choc et qui, souvent, finissent par me dépasser rageusement, alors que je suis déjà au maximum de la vitesse autorisée.
Voilà ça c’est dit… on peut commencer.

La distance de sécurité, qu’est-ce que c’est ?

 

En général tout le monde sait, plus ou moins ( 😉 ), qu’il faut laisser une distance entre son véhicule et celui qui le précède. Mais peu savent combien et plus important encore, à quoi cela correspond. Le code de la route a d’ailleurs longtemps été flou sur le sujet en « conseillant » de laisser entre les véhicules un écart correspondant à environ une seconde. Depuis, le législateur s’est « rattrapé », en imposant une distance de deux secondes.

Deux secondes ?… mais depuis quand mesure-t-on les distances avec du temps ?

En fait, l’écart correspond à la distance parcourue pendant ces deux secondes. Pourquoi cela ?… Parce que la distance parcourue pendant deux secondes dépend de la vitesse à laquelle on roule, ce qui amène une première explication (malheureusement suivie d’un premier calcul).

Historiquement, la mesure de la vitesse se fait en kilomètre par heure. Ce système adopté de tous temps par les constructeurs automobile, convient pour estimer le temps que nous mettrons pour faire de longues distances, ou inversement la distance que nous aurons effectuée au bout d’une heure ou de deux. En revanche cette mesure est une absurdité en terme de sécurité routière car elle ne donne pas au conducteur sa vitesse instantanée, c’est-à-dire combien il parcourt de mètres à chaque seconde qui passe! Il faut donc corriger cela en convertissant les kilomètres/heure en mètres/seconde.

 

Comment évaluer la distance de sécurité

 

Les calculs qui suivent sont approximatifs, mais ont le mérite de donner rapidement un ordre d’idée, et encore une fois, vous n’aurez probablement jamais à vous servir de ces calculs, excepté une fois… pour l’ETG. Alors ça vaut le coup de s’entraîner un peu, non ?

Pour convertir des km/h en m/s, on va multiplier par trois le chiffre des dizaines de la vitesse.

Exemple : à 50 km/h, ma vitesse instantanée est de 5(0) x 3 = 15 m/s
à 90 km/h, elle est de 9×3 = 27 m/s
à 130 km/h, elle est de 13(0) x 3 = 39 m/s

Cela signifie donc que lorsque mon compteur indique 50 km/h, chaque seconde qui passe, je parcours 15 mètres, 27 mètres à 90 km/h et 39 mètres à 130 km/h.

Revenons à notre distance de sécurité. Lorsqu’on connaît la règle, il est facile de laisser deux secondes d’écart avec le véhicule de devant : lorsqu’il passe devant un repère, je (me) dis tranquilement « une seconde, deux secondes ». Si je passe devant le repère avant d’avoir fini de dire ces mots, c’est que je suis trop près !

Pour l’examen du code par contre, on a un problème : comment compter du temps sur une image fixe ?
C’est ici qu’interviennent les calculs vus juste au-dessus.
A partir de la vitesse des véhicules, on sait combien de mètres ils parcourent en une seconde, or l’intervalle à laisser est de deux secondes. Il suffit donc de multiplier la valeur de la vitesse en m/s par deux, ou bien multiplier directement le chiffre des dizaines de la vitesse en km/h par six.

Exemple : à 80 km/h je parcours 8(0) x 3 = 24 m en une seconde.
Je laisse donc un intervalle de 24 x 2 = 48 m correspondant à deux secondes.
Je peux aussi calculer directement : 8(0) x 6 = 48 m .
à 110 km/h, 11(0) x 3 = 33 x 2 = 66 m ou 11(0) x 6 = 66 m

Vous pouvez choisir une méthode ou l’autre. Je préfère personnellement la méthode la plus longue avec raisonnement, à la méthode rapide qui oblige à retenir une valeur (le 6) sans référence donc difficile à retrouver si on l’a oubliée (et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu des problèmes avec la table de 6 :-)).

OK, mais vous n’êtes pas encore tiré d’affaire. Car il faut une base de comparaison pour « estimer » si votre distance de sécurité sur la photo est suffisante… ou pas.
La référence, on va la trouver dans le marquage au sol. Les lignes discontinues pour être plus précis.
Mais là, il n’y a pas d’autre solution que de les connaître… par coeur! Cela paraît difficile à première vue, mais en s’entrainant un peu, on finit vite par les retenir, surtout les principales.

Ligne discontinue « normale » : 3 m de trait 10 m d’intervalle c’est la plus facile à retenir.
Ligne de dissuasion: 3 m de trait, 1,33 m d’intervalle.
Ligne de rive: 3m de trait, 3,50 m d’intervalle.
Bande d’arrêt d’urgence : 39 m de trait, 13 m d’intervalle.

Il suffit donc de compter les traits et les intervalles sur les photos pour savoir si la distance de sécurité est respectée. 🙂

A quoi correspond la distance de sécurité

 

Mais avec tout ça, on n’a pas parlé du « Pourquoi ».

Oui, pourquoi cette règle des deux secondes minimales obligatoires ?
En fait, cela correspond à deux foix la valeur moyenne du temps de réaction. Sans trop empiéter sur l’article qui va suivre pour expliquer ces différentes notions, je peux vous indiquer quand même qu’il faut a peu près une seconde pour réaliser que, par exemple, les feux stops de la voiture de devant se sont allumés. Et pendant cette seconde là, mon véhicule à continué à rouler à la même allure, alors que celui de devant a déjà commencer à freiner… Vous voyez où je veux en venir ?

Mais aussi…

 

Encore deux ou trois précisions avant d’en avoir fini avec la distance de sécurité :

  • il y a des cas, notamment dans les tunnels, où un panneau peut-être installé de manière à vous interdire de laisser moins que la valeur indiquée entre deux véhicules.

  • la règle des 3 cinquantes : lorsque la visibilité est réduite à moins de 50m (brouillard), la vitesse est automatiquement réduite à 50 km/h et on doit laisser un intervalle minimal de 50 m avec le véhicule qui nous précède  (si vous avez suivi, vous savez donc qu’a cette vitesse il devrait être de 30 m en temps normal).

  • deux véhicule de plus de 7 m de long (ou de plus de 3,5 tonnes) qui se suivent hors agglomération ne doivent jamais laisser entre eux un intervalle de moins de 50 m.

  • une (fausse) information est en permanence colportée par Monsieur Toutlemonde, disant que la distance de sécurité correspond à deux traits de la ligne discontinue : c’est absolument faux, comme vous pouvez maintenant facilement le calculer. Il s’agit en réalité, non pas d’une règle, mais d’une commodité offerte sur autoroute seulement, qui consiste à contrôler sa distance de sécurité facilement en laissant deux traits de la bande d’arrêt d’urgence comme espace avec le véhicule qui précède. Si vous refaites le calcul vous verrez que cela rajoute même une « marge » de 13 m.

Au risque de passer pour un radoteur, je vous répète encore : prenez ces articles comme guides et entraînez-vous

Faites-moi part de vos questions… ou de vos avis. Postez vos commentaires.

 

 


Crédit photo: xavitalleda